«  Une nature rêvée : le genre pastoral en France au XVIIIe siècle »

        Par Bernard Gilliot, agrégé de lettres classiques.

 

           « Il pleut, il pleut bergère… » : cette chanson, qui connut dès son époque un très grand succès, fut écrite en 1780 par Fabre d’Eglantine et elle traduit assez bien l’engouement que suscite au XVIIIe siècle le genre pastoral. Certains parleront même d’un « siècle pastoral ».

           Le thème pastoral fut d’abord littéraire dès l’Antiquité avec les poésies de Théocrite. Il fut repris au XVIIe siècle dans des romans tels que « l’Astrée » et il gagne très vite le domaine du théâtre et de la musique mais le XVIIIe siècle lui donne un essor exceptionnel par la peinture. Parallèlement aux «  Fêtes Galantes » de Watteau dont elles sont souvent assez proches, les « Bergeries » de Boucher vont introduire dans les demeures aristocratiques le goût pour ces scènes bucoliques dans lesquelles bergères et bergers, dans d’élégants atours, se livrent aux conversations et aux jeux amoureux. Aucun réalisme dans ces scènes assez répétitives mais une vision idéalisée d’une nature paisible – souvenir de l’idyllique Arcadie ?- plus rêvée que réellement vécue.

 

7 mai 2015 gilliot berger_et_bergère_se_reposant