[DETAIL / CURIOSITES PARTAGEES]
Et voici la réponse tant attendue !

Brassard d’archer, inv. 71.462, Legs Bauchond, ivoire, milieu du xvie siècle, provenance régionale.
Marques : « VIRESCIT WLNERE VIRTVS // HORS*NE*PVIS //
DV*BOIS*1*5*60 // Dubois 1580 // Du Boys 1587 // LE MAIRE 1739 // 1742 // 1758 Cellier // CELLIER CONFRERE 1742 // CAPON 1830 // Capon 1831 »

Parmi les nombreuses traditions flamandes, le tir à l’arc à la perche verticale est de celles qui sont encore pratiquées de nos jours. Les premières sociétés d’archers régionales remontent au xive siècle. Après avoir été dissoutes au moment de la Révolution, elles se reformèrent vers 1800, avec pour seules vocations le sport et la détente.

Ce brassard en ivoire est un élément ornemental qui protège l’avant-bras de l’archer du claquement de la corde. Gravé au trait noirci, il représente le martyre de saint Sébastien, patron des archers. Ce militaire du iiie siècle de notre ère, d’origine narbonnaise, fut exécuté pour avoir soutenu ses coreligionnaires dans leur foi et accompli plusieurs miracles. D’abord attaché à un poteau et transpercé de flèches, il est finalement tué à coups de verges après avoir miraculeusement guéri des premières tortures qui lui furent infligées.

La devise virescit vulnere virtus signifiant « le courage a fleuri de la blessure », qui peut faire référence au martyre de saint Sébastien, fut utilisée par plusieurs familles de la noblesse européenne à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne.

Notre brassard a connu de nombreux propriétaires successifs qui y ont gravé leurs noms. Ainsi, le premier d’entre eux en 1560 peut être identifié comme le Montois Jacques Dubois, ou son père Pierre, qui apparaissent également dans un manuscrit douaisien sous la mention « A Jacques du Bois, filz Piere, bourgeois, demourant au Rivaige a Mons, suys appartenant. Hors ne puis du Bois, 1587 ».

L’objet est à rapprocher d’un autre brassard représentant le martyre de saint Sébastien, daté de 1576 et conservé au musée de Cassel (inv. 992.24.1), qui présente de flagrantes similitudes iconographiques avec notre brassard. Un troisième exemplaire, conservé au musée de Douai (inv. A.1577), daté du xviie siècle et représentant saint Jean-Baptiste, dont les contours sont traités de la même manière que sur la pièce valenciennoise, est également à lier à l’objet qui nous intéresse.

M. V. HADOT

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Brassard d’archer
inv. 71.462
Legs Bauchond, ivoire, milieu du xvie siècle, provenance régionale
Photo T. Douvry

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