Conférences des Amis du Musée de Valenciennes
                        2016 - 2017
              " L'Art sans frontières"

 

Tableau conférences 2016 2017

 

6 octobre 2016

Éric Verhagen

 New York et les grands courants américains

 

Par Érik Verhagen, Historien de l’Art, Université de Valenciennes

Avec l’écroulement au lendemain de la seconde guerre mondiale des centres artistiques européens, les Etats-Unis qui ont toujours souffert d’un « complexe continental » saisissent l’opportunité historique de « reprendre la main » et de se placer sur le devant de la scène d’une création occidentale dont ils vont renégocier les critères esthétiques. Prônant une rupture avec l’art européen, critiques, marchands, institutionnels et artistes vont imposer un modèle qui en l’espace de quelques années va asseoir son hégémonie. L’école de New York sera dès lors le repère, et pendant longtemps le seul, à partir duquel le destin de l’art occidental va être engagé. L’expressionnisme abstrait, la peinture colorfield, la peinture dite « postpicturale » et l’art minimal constituent les différents chapitres du triomphe de l’art américain des années 1950 et 1960.

 

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3 novembre 2016

JC. Poinsignon

Belgique : l'école de Laethem St Martin

 

Un village d’artistes : Laethem-Saint-Martin (1895-1945)

On a parlé d'"Ecole de Laethem-Saint-Martin" mais le terme est sans doute impropre. Ce qui est sûr c'est que pendant près d'un demi-siècle des peintres, sculpteurs, poètes, musiciens se sont retrouvés, ont vécu dans ce petit village de Flandre, proche de Gand, au bord de la Lys. Citer leurs noms, c'est feuilleter les plus belles pages de l'art belge du XXème siècle : Emile Claus, Valerius De Saedeleer, Georges Minne, Gustave Van de Woestijne, Albert Servaes, Frits Van den Berghe, Gustave et Léon De Smet, Constant Permeke... Qu'est-ce qui pouvait les unir ? En quoi sont-ils différents, notamment dans leurs parcours ? Comment ont-ils pu être à la fois les plus purs descendants de la grande tradition flamande, de Brueghel en particulier et les plus novateurs des artistes du XXème siècle, reconnus comme tels bien au-delà des frontières de la jeune Belgique ? Quels furent leurs rapports avec les artistes français ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre en nous attachant aussi à faire découvrir ou redécouvrir ces artistes que parfois nous ignorons. 

 

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1er décembre 2016

P. Roussiès et N. Sanhes

« Nicolas Sanhes et les villes » avec la complicité

et en présence de Nicolas Sanhes

 

Nicolas Sanhes et les villes.

Nicolas Sanhes, sculpteur, et Patrick Roussiès, amateur d’art.

 

« Réaliser une œuvre pour l’espace public est une mise en danger » Nicolas Sanhes. 

 

En 2011, la ville de Valenciennes commandait à Nicolas Sanhes une grande œuvre pour la Place Cardon.  « HV 11 » s’est installée et accompagne depuis le quotidien des Valenciennois suscitant intérêt, rejet ou enthousiasme. Cette grande sculpture illustre précisément la définition du travail du plasticien que tente Benoit Decron, Conservateur en chef du Musée Soulages de Rodez, « Chez Sanhes la ligne est souveraine mais le volume reste roi […] avec des traversées, des projections dans l’espace car il s’agit bien ici d’ériger la légèreté. »  

Plus qu’à une conférence, c’est à une rencontre que vous convient Nicolas Sanhes et Patrick Roussiès. Il s’agira d’approcher le processus de création d’une œuvre dans un contexte urbain à partir de l’œuvre valenciennoise mais aussi d’autres sculptures implantées dans d’autres villes. Il s’agira, à l’instar du titre du premier catalogue consacré au travail du sculpteur aveyronnais, de comprendre comment « Sculpter la ville ».

 

Dans l'atelier, 2016

 


 

Conférence hors cycle pour  le 100ème anniversaire de la mort d'Henri Harpignies
par J.P Cappoen   -     le jeudi 8 décembre à 17 h à l'auditorium St Nicolas

5 janvier 2017

JP. Plichon

Barcelone et Gaudi

 

BARCELONE ET L'ARCHITECTE ANTONI GAUDI

De nos jours, Barcelone est la destination préférée de milliers de touristes en Espagne. Cette affluence est due en grande partie au talent de l'architecte catalan Antoni Gaudi et de son indéfectible commanditaire et mécène : le comte Eusébi Güell. Antoni Gaudi (1852-1926) est considéré dès ses première œuvres comme l'un des grands créateurs de l'architecture de son temps. Se refusant à répéter les styles du passé tout en s'en imprégnant, il apparaît comme un précurseur des formes organiques en intégrant dans la construction la sculpture, la peinture et les arts auxiliaires comme la mosaïque ou le vitrail. Gaudi à Barcelone, c'est l'œuvre d'un homme, d'une foi, un grand bâtisseur d'une capacité extraordinaire. Il fut aussi un novateur en triomphant de tous les problèmes structuraux, techniques, utilitaires, économiques et un écologiste avant l'heure...

 

Le lézard du parc Gûell

Le parc Gûell

 

 

2 février 2017

Adeline Delobel

L'art contemporain à Valenciennes : des artistes en résidence

à l'H du Siège

 

 

L'art contemporain à Valenciennes : des projets d'artistes en résidence à la Galerie L'H du Siège.

 

Découverte de l'art contemporain à travers les œuvres d'artistes invités en résidence à la Galerie L'H du Siège.

 

La Galerie / Ateliers L'H du Siège à Valenciennes accueille depuis plusieurs années des artistes contemporains en résidence.

Une Grande Résidence est un temps donné à un artiste pour lui permettre de mener à bien une réflexion sur son travail artistique, de concrétiser une œuvre en cours ou de poser les bases d’une nouvelle étape de recherches. 

Une exposition dans la galerie de L’H du Siège est proposée à l’artiste à l'issue de ces trois mois pour clôturer la Grande Résidence et est majoritairement constituée des œuvres réalisées pendant cette période. 

A travers de nombreuses œuvres d'artistes contemporains venus en résidence à L'H du Siège, vous pourrez découvrir comment un artiste contemporain rencontre un territoire, une ville, une région dans le cadre de son séjour ; comment il s'en inspire pour créer. Il s'agit de découvrir le regard, l'originalité, et la richesse d'un artiste venu expérimenter, travailler sur place mais aussi et surtout présenter sa production artistique. 

Nous essaierons de comprendre ensemble comment ces créations uniques, déroutantes parfois éphémères que l'art contemporain peut nous offrir, prennent naissance dans la rencontre d'un artiste et d'un territoire.

 

 

Légende : John GRADE, LA CHASSE, Galerie L'H du Siège - Valenciennes, 2011

 

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2 mars 2017

Bernard Gilliot 

Le paradoxe viennois 1850 - 1900 : de Johann Strauss

à Arnold Schoënberg

 

 

                     « Le paradoxe viennois : de Johann Strauss à Arnold Schoenberg »

 

                 En 1867, le viennois Johann Strauss compose « Le beau Danube bleu », œuvre sur laquelle bientôt valsera toute l’Europe. Quarante ans plus tard, un autre viennois, Arnold Schoenberg fait entendre, dans un désordre indescriptible, son 2èmeQuatuor à cordes qui ouvre la voie à la musique atonale, illustrée ensuite par ses disciples Alban Berg et Anton Webern. Dans l’intervalle, Gustav Mahler et Anton Bruckner avaient représenté avec éclat un postromantisme d’inspiration germanique.

                 C’est dire l’extraordinaire diversité de la création musicale à Vienne en cette fin du XIXème siècle, en parallèle souvent étroit avec le développement de l’expressionnisme pictural d’Egon Schiele et Oskar Kokoschka : la fin du siècle à Vienne est certainement un tournant majeur dans l’histoire de l’art européen.

 

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portrait de Schoenberg

 

 

 

6 avril 2017

Céline Doutriaux

Le Bauhaus (Weimar, Dessau, Berlin) et son influence

 internationale (Chicago, Tel Aviv)

 

Le Bauhaus (Weimar, Dessau, Berlin) et son influence internationale (Chicago, Tel Aviv)

Quand le jeune architecte allemand Walter Gropius imagine le Bauhaus au lendemain de la Grande Guerre, il rêve d'un monde nouveau, solidaire, joyeux, rationnel, où maisons et objets seraient enfin au service de l'homme. Il conçoit une école d'art pour « briser le mur entre l'art et l’industrie », créer en série logements et objets beaux et fonctionnels accessibles à tous. Idée partagée avec Mondrian et De Stijl ou Le Corbusier. Une pé­dagogie novatrice et pluridisciplinaire encadrée par Kandinsky ou Paul Klee, où l’on pense les outils à la main. Créé en 1919 à Weimar, déménagé à Dessau en 1925 puis à Berlin en 1932, le Bauhaus est fermé par les Nazis en 1933. De nombreux artistes et professeurs s’enfuient aux Etats-Unis pour échapper au nazisme, provoquant une dispersion des concepts du Bauhaus à travers le monde.

Exposition L'esprit du Bauhaus, Paris, musée des Arts décoratifs, 19/10/16>22/02/17

 

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4 mai 2017

Marie Castelain 

Un défi architectural, la Fondation Louis Vuitton

 

Un joyau architectural se dévoile aujourd'hui à l'orée du Bois de Boulogne : c'est la Fondation Louis Vuitton. Ce musée est destiné à promouvoir l'art contemporain et à pérenniser les actions de mécénat engagées depuis plus de 20 ans par le groupe LVMH. Il a ouvert en octobre 2014.

 Conçu par l'architecte Frank Gehry, le "père" du musée Guggenheim de Bilbao, il est le fruit de la volonté de Bernard Arnault et de la ville de Paris d'offrir ce vaisseau de verre entièrement dédié à l'art et à la culture. Ce défi architectural s’inscrit d’ores et déjà parmi les réalisations emblématiques de l’architecture du XXIe siècle. Le bâtiment de Frank Gehry, qui révèle des formes jamais imaginées à ce jour, est le reflet du projet de la Fondation Louis Vuitton : unique, créatif, novateur.

De l'extérieur, « le nuage » comme l'appelle Frank Gehry, fait l'effet d'une apparition, comme un gigantesque vaisseau maritime enveloppé de 12 immenses voiles de verre surgissant des arbres du bois de Boulogne. Un geste architectural audacieux comme Paris n'en avait pas connu depuis longtemps.

 

Fondation Louis Vuitton

 

 

 

 

1 juin 2017

Ludovic Nys

Berlin et l'Expressionnisme allemand

 

 

Les débuts de l'Expressionnisme : la Brücke à Berlin

Au début du XXe siècle, en 1905, se constitue à Dresde un groupe de jeunes peintres, étudiants d'architecture issus du Jugendstil : Ernst Ludwig Kirchner, Fritz Bleyl, Karl Schmitt-Rottluff et Erich Heckel. Ces artistes, auxquels s'adjoindront en 1906 le Emil Nolde et Max Pechstein et en 1910 Otto Mueller, revendiquaient une totale liberté de création, privilégiant aux règles académiques et aux recherches formelles de leurs homologues français du Fauvisme et du Cubisme la valeur expressive de la peinture, singulièrement de la couleur utilisée souvent pure, seule en mesure selon eux de traduire les émotions. Dès 1911, certains d'entre eux, Kirschner, Heckel, Mueller et Pechstein, iront s'installer à Berlin, où le groupe s'attachera à décrire la vie urbaine (Kirchner) et à mettre en scène les moments idylliques passés en été en compagnie de leurs modèles, nus, sur les bords du lac Wannsee.

 

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Ernst Ludwig KIRSCHNER, Filles au bain, 1911, huile sur toile, Berlin, Brücke Museum.

 

6 juillet 2017

Mariem Fredj 

LES ANIMAUX DANS LA CRÉATION ARTISTIQUE

 

Karnak - Allée des boucs

 

KARNAK (ÉGYPTE) – L’entrée du temple d’Amon et son allée de béliers, incarnation vivante du dieu Amon sur Terre – Photographie personnelle – Mars 1999

« Je me sers des animaux pour instruire les hommes » écrivait déjà Jean de la Fontaine au XVIIème siècle. Cette célèbre citation est le signe évident d’une relation privilégiée de l’homme à l’animal qui vit à ses côtés et dont l’existence est bien plus ancienne que la nôtre. Le mot animal vient du latin anima qui signifie « doué de vie » : cette caractéristique explique à la fois le respect conféré dès le Paléolithique par les hommes à ces créatures à la fois si différentes et si proches de nous et leur présence dans la création artistique depuis la nuit des temps.

En effet, l’animal a toujours eu une place prépondérante dans l’histoire de la création artistique, à des fins symboliques, esthétiques ou politiques. Cette conférence sera donc l’occasion d’étudier l’histoire de la représentation animale en art, quel que soit le média. De la Préhistoire à l’art contemporain, l’animal a en effet été l’un des sujets les plus prisés des artistes qui, pour certains, s’en sont même faits une spécialité.