La longue carrière de Gaspar de Crayer permet à l'artiste d'apparaître comme l'un des peintres les plus féconds des Pays-Bas du Sud, à une époque ou la Contre-Réforme catholique ouvre l'accès à des commandes très importantes. L'art de Crayer est fortement marqué par Rubens, dont il demeure l'un des premiers et des principaux suiveurs.

Ce tableau appartient à la dernière période du peintre, soit après 1649. Crayer devient alors plus sensible à l'aspect émotionnel des sujets qu'il traite. Ainsi apparaît cette Madeleine, coupant ostensiblement ses cheveux, en signe de renoncement et de pénitence. Ce sujet est bien souvent le prétexte pour les artistes de faire le portrait d'une belle jeune femme, dans une attitude proche des scènes de toilette. Le regard de la sainte évoque bien une inclination mystique mais sans excès, et l'art du peintre cherche plutôt à mettre en évidence la sensualité d'un cou nacré qui semble s'offrir au spectateur, ou encore l'élégance du geste des mains. Dans la nature morte du premier plan, le crâne évoque la certitude de la mort et la vanité des valeurs terrestres tandis que le collier de perles et la chaîne en or symbolisent la vie mondaine à laquelle Madeleine renoncera.

P.R.

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Caspar de CRAYER, Madeleine renonçant aux vanités de ce monde, huile sur toile, 17e siècle, Valenciennes, Musée des Beaux-Arts, P.46.1.72.

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Anonyme d'après Anton VAN DYCK, Sainte Madeleine pénitente, huile sur toile, 17e siècle, Valenciennes, Musée des Beaux-Arts, P.88.28.

 

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Anonyme d'après Bartolomeo SCHEDONE, Sainte Madeleine en méditation, huile sur toile, 18e siècle, Valenciennes, Musée des Beaux-Arts, P.46.1.297.