[MUSEE CRAUK / 17 : ENTERREMENT]
Après-guerre, l’époque où se manifeste un dédain certain pour la sculpture du 19ème siècle. Après sa sa visite de juin 1946, Jean Vergnet-Ruiz, inspecteur général des musées de province, donne ses consignes et son appréciation : Pour les plâtres de Crauk brisés, il faut faire un procès-verbal de perte. Ils sont irréparables, et au demeurant d’un intérêt artistique bien mince. Etrange, ici encore, Ernest Gaillard n’avait constaté que des dégâts réparables…
En 1900, le conseil municipal avait promis, pour « plus tard », des salles spéciales du nouveau musée pour les collections de Crauk. On semble y penser encore en 1948 : La reconstruction du Musée Crauk n’est pas prévue à son ancien emplacement. Elle est envisagée sous la forme d’un aménagement d’un bâtiment existant, par exemple dans les sous-sols du Musée des Beaux-Arts. Le montant des dommages, évalué à 350 000 francs, valeur 1939, doit donc être réservé à ces travaux d’aménagement et d’extension du Musée des Beaux-Arts. Des travaux ont bien eu lieu après la guerre au musée, et les fonds utilisés, mais à d’autres fins : les œuvres de Crauk resteront dans des réserves. Quelques-unes seront sorties pour une petite exposition dans les salles de l’hôtel de ville dans les années 1960, et certaines y resteront: La Source et les ruisseaux, par exemple, est toujours en 2016 sur le palier du bureau du maire. Quelques autres encore sont exposées au musée, après les travaux de rénovation, depuis les années 1990. La plupart, plus de deux cents, ne sont plus visibles du public.
Le musée Crauk est mort, mort et enterré. R.I.P.

M.G.

 

(Merci à notre régisseur pour ce feuilleton estival qui prend fin aujourd'hui !)

 

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Dans les réserves du musée, Gustave Crauk (portrait par son neveu Jules Machard) veille sur son œuvre : Père blanc en prière (de profil), et Notre-Dame de la Paix...