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[CHRONIQUE HIVERNALE]

Froissart d'été, Froissart d'hiver...

1856, la statue de Froissart, par Lemaire, est inaugurée le 21 septembre et s’apprête à passer son premier hiver dehors. 
Le 1er novembre, on lit dans le journal « L’Echo de la frontière » un singulier courrier des lecteurs, signé « Un ex-artiste », s’inquiétant des effets des rigueurs du climat sur la statue. 
« La magnifique statue de Froissart (…) est exposée malheureusement à toutes les intempéries d’un hiver qui s’annonce comme devant être très rigoureux ». L’auteur remarque que si le marbre convient au climat de la Grèce, il n’est pas adapté à celui de notre région ! Il propose donc des solutions pour « soustraire l’œuvre d’Henri Lemaire à cette cause de destruction ». 
 - « Le premier moyen (est d’) empailler Froissart comme on empaille un figuier ; au retour du printemps, le bon chroniqueur nous serait rendu frais et intact ». Il note quand même que l’inconvénient serait d’en ôter la jouissance au public plusieurs mois chaque année.
- Une autre solution est proposée pour « conserver et pour voir tout à la fois notre précieuse statue ». Il imagine donc de placer pour chaque hiver une immense cloche de verre, semblable à celles « sous lesquelles grossissent à vue d’œil de monstrueux potirons. (…) La pose et l’enlèvement périodiques de cette cloche pourraient devenir le motif d’une petite fête communale ». On n’ose imaginer le coût, le poids d’une cloche de verre de cette taille, et les difficultés de mise en place et de retrait…
- « Mais voici (…) ce qu’il y a (…) de mieux à faire : (…) On pourrait faire exécuter un Froissart de bois peint parfaitement semblable au Froissart de marbre, et au commencement de la mauvaise saison on emballerait convenablement le chef d’œuvre de Lemaire et on lui substituerait sa copie de bois. Nous aurions ainsi un Froissart d’été et un Froissart d’hiver.
Il envisage même finalement de n’exposer que le Froissart de bois, en ne présentant la statue de marbre « que dans les grandes circonstances. Elle conserverait ainsi sa blancheur immaculée et ne serait pas exposée à de barbares mutilations. »

Bien évidemment, rien de tout cela n’a été fait… Quand on connaît l’état de la statue d’origine, déplacée dans la cour de l’Ecole Froissart, toute voisine, on admet aisément que le correspondant n’avait pas tort de se méfier des effets des intempéries… De même la réplique de Robert Brageu installée en 1995 est désormais loin d’être d’un blanc immaculé, après une vingtaine d’années d’exposition aux intempéries...

M.G.