Emile Dusart, deuxième fils d’un boulanger de Valenciennes (ses frères étant fondeurs en fer et charcutiers), suit les cours de Potier, Grandfils et Bernard aux Académies de Valenciennes. 
En 1847, il a 20 ans quand il entre aux Beaux-Arts de Paris (atelier Lebas) mais doit bientôt rentrer à Valenciennes pour travailler. D'abord sous la direction de Bernard et Dutouquet, il devient ensuite architecte de la ville, après le départ de Casimir Pétiaux, et professeur d'architecture aux Académies. 
 Il est l’auteur de plusieurs « châteaux » à Beuvrages, Anzin et Onnaing, ainsi que de la mairie de Fresnes-sur-Escaut. À Valenciennes, on lui doit les écoles de la rue Capron, ou encore le monument funéraire d’Henri Lemaire au cimetière Saint-Roch. Il a également collaboré à la réalisation de la fontaine Watteau, ou avec Batigny à la façade de l’hôtel de ville, ce qui nous vaut quelques correspondances avec Carpeaux. 
 Parallèlement, Dusart se charge de la décoration de salles pour les banquets ou les bals, ou encore d’ornementations funéraires : les chapelles ardentes pour Abel-de-Pujol, Henri Lemaire et Ernest Hiolle, et le char funèbre de Carpeaux. 
 Lors de son décès en 1900, il travaillait à l’aménagement du Musée Crauk. Dès 1897, Crauk avait effectivement contacté ses relations valenciennoises Dècle, Fromentin et Dusart pour réfléchir à la possibilité d’un musée de son œuvre. L’année suivante, la ville retient le Pavillon Chinois, et c’est Dusart qui se charge d’en établir le plan pour proposer le local aux époux Crauk. 
 En 1899, dès que la ville peut rentrer en possession du local, jusqu’alors loué, le maire Sautteau l’annonce à la commission du musée, et met Crauk et Dusart à contribution pour étudier les aménagements nécessaires. Une rencontre est prévue entre les deux hommes, et un devis de 7000 francs est accepté pour les travaux. Dès lors, il est convenu que Crauk, éloigné géographiquement de Valenciennes, ne sera sollicité par Dusart que si sa présence est nécessaire.
Le 1er février 1900, le sculpteur communique à l’architecte des échantillons de tons pour la peinture des socles. Mais 5 jours plus tard, Edmond Lemaire, architecte, ancien élève et gendre de Dusart, vient déclarer le décès de son beau-père. La mort l’avait emportée subitement, au 42 de la rue de Mons.
Crauk témoigne : « La perte inattendue de M. Dusart m’a été extrêmement sensible, je me faisais un véritable plaisir de le retrouver et de me rappeler avec lui le temps où nous étions ensemble aux académies ; c’est un regret de penser que le pavillon sera inauguré sans lui ! ».
C’est Paul Dusart, son fils, qui prendra le relai, tant pour le musée Crauk, qu’en tant qu’architecte de la ville.
M.G.
(illustration : Emile Dusart par Dautel, médaillon, plâtre ; Inv.98.4.134)

 

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