[ANNIVERSAIRE]
9 février : anniversaire du décès, à Paris, du sculpteur Lucien Brasseur (1878 – 1960).
Le visiteur du musée ne peut manquer de voir des œuvres de Lucien Brasseur : les deux bronzes dorés qui encadrent le portail d’entrée depuis les années 1930 : La Pensée, et L’Inspiration lyrique.
Natif de Saultain, mais d’origines antérieures belges, Brasseur est reçu à 16 ans (seulement) à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, et obtient le premier grand prix de Rome en 1905. De retour de Rome, il s’installe à Paris. En 1912, il propose au musée deux sculptures, un grand bronze, et le marbre de son groupe « Le gardeur d’oies » ; mais l’achat en est refusé. La commission du musée estime que pour venir en aide aux artistes locaux, la ville serait mieux inspirée de commander des statues et des médaillons pour le bâtiment du musée (les niches et encadrements sont toujours vides… et le sont encore pour la plupart en 2017 !) Peu après, le maire Tauchon se demande ce que l’on peut faire pour aider Brasseur « qui est très nécessiteux », et il est décidé qu’ « un projet d’ensemble pour terminer le musée va être déposé par M. Dusart à la municipalité ». Mais la guerre survient, et rien n’est fait.
Malgré tout quelques œuvres entrent au musée, surtout dans les années 1930, avec un buste d’Harpignies, témoignage d’un monument que Brasseur aurait souhaité voir s’installer en ville en l’honneur du peintre ; le moulage de son gardeur d’oies, disparu depuis ; ou encore de nombreuses sculptures pour des monuments commémoratifs de la guerre de 1914. Lors de la visite du général de Gaulle, à l’occasion de l’inauguration de l’hôtel de ville reconstruit, quelques une de ces sculptures avaient été sorties pour orner la mairie que l’on avait souhaité voir martiale pour accueillir le général. Las, le maire n’a pas apprécié l’art de Brasseur et fait retourner manu militari « toutes ces horreurs » au musée. Elles n’ont plus guère quitté les réserves depuis, même si le Poilu d’Havrincourt a été présenté dans l’exposition sur la Grande guerre organisée en 2004, puis en tant qu’œuvre de la saison. D’autres œuvres, et photographies sont parvenues ensuite au musée, à compter des années 1990, acquises en vente publique, données par des collectionneurs ou encore par l’association des Amis des Arts, constituant un fonds de premier ordre sur l’artiste.
Reste qu’hormis les deux bronzes de la façade et le moulage de l’Ugolin de Carpeaux que Brasseur a réalisé à Rome, visibles au musée, seule une réplique (l’original ayant été volé) de sa « jeune fille au pigeon », est visible en ville, sur la place Saint-Nicolas.
Nul n’est prophète en son pays.
MG

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Dautel, portrait de Brasseur, médaillon bronze, Inv. 98.4.5

 

 

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Brasseur travaillant au buste d’Harpignies.