[ANNIVERSAIRE]

Décès de Charles Batigny, à Valenciennes, en 1905
Charles Batigny, né à Valenciennes en 1836, était le fils d’un menuisier. Entrepreneur en menuiserie, il épouse en 1867 une demoiselle Hocquart, marchande de modes. Parmi les témoins du mariage se trouve son frère Jules, architecte, qui sera le collaborateur de Garnier à l’Opéra de Paris, puis qui travaillera, entre autres, à l’École des arts et métiers de Lille, à l’église du Sacré-Cœur du Faubourg de Paris ou encore à l’hôtel de ville de Valenciennes à l’occasion de sa rénovation à la fin des années 1860. Ce dernier chantier lui vaudra une polémique virulente avec Carpeaux au sujet de l’allégorie de la ville placée au sommet, Carpeaux refusant absolument de voir Valenciennes figurée par une matrone assise comme le projetait Batigny : « Jamais je ne consentirais à représenter ainsi ma ville natale sur une chaise percée ».
Peu après le mariage, on apprend dans la presse que l’adresse du magasin de mode a changé, passant du 25 au 92 de la rue de Famars et que les ateliers et magasins de menuiserie de l’époux passent du 80 rue Saint-Géry à la même adresse: les deux activités sont désormais sous le même toit.
Peu à peu, les affaires semblent battre de l’aile : Batigny tente de se diversifier, ajoutant le commerce de charbon à son activité au début des années 1880. En 1885, on annonce que les commerces des époux sont complètement séparés et que chacun acquitte ses obligations, et en 1886 le commerce de modes fait faillite. Le 5 août on vend les biens de Madame Batigny aux enchères au domicile du couple: piano, meubles d’acajou, gravures encadrées, vaisselle, linge…, ainsi que le stock de marchandises (rubans, dentelles, satin, velours…). Quelque temps plus tard, c’est le commerce de l’époux qui fait faillite à son tour.

Mais quel rapport dans tout cela avec le musée ? L’ancien entrepreneur entame une nouvelle carrière en postulant comme gardien du musée de l’Hôtel de ville, où il est nommé à titre provisoire début 1889. On ignore toutefois si son frère Jules est intervenu pour faciliter cette nomination. Hélas, en 1893, la commission du musée constate que son travail laisse à désirer et décide de surveiller son surveillant discrètement. On découvre alors qu’il a laissé le musée ouvert, en son absence, pendant la foire ! Il est donc convoqué chez le Maire pour y être sermonné. Mais cet avertissement ne semble pas avoir suffi : le 18 octobre 1893, un mercredi, jour de visite, Julien Dècle, conservateur, découvre qu'il avait enfermé les visiteurs à l’intérieur du musée, le temps d'aller faire un tour. Si la gestion de son entreprise était aussi sérieuse, on comprend qu’elle n’ait pas tenu ! Dès lors, sa mutation est demandée au maire... et on perd ensuite sa trace jusqu’à son décès le 14 février 1905, au 17 de la rue Pasteur. 
Il est enterré avec son frère Jules au cimetière Saint-Roch de Valenciennes.

Légende : Gravure de Guillaumot d’après un dessin de Jules Batigny, pour le « Moniteur des architectes », fin des années 1860 : Projet de façade de l’hôtel de ville. Inv. 2016.0.204. Les fenêtres du second étage donnent sur le musée dont Charles Batigny aura la garde 30 ans plus tard.

 M.G.

 

 

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