[LES ENFANTS SONT DE SORTIE]
Nous avions relaté en décembre la restauration de notre huile sur toile de Frans Pourbus le Jeune (1569-1622), représentant les portraits en pied de Philippe Emmanuel de Croÿ et de sa sœur Marie, (inv. P. 46.1.46.).
Sachez que l'oeuvre est désormais visible dans notre salle du XVIIe siècle consacrée aux portraits, trônant à la place du portrait de Charles II d'Espagne par Juan Carreno de Miranda (inv. P.46.1.4), lui-même prêté jusqu'en avril au Musée de Tournai pour leur exposition « Dali/Pitxot. Aux sources du délire » ! 
Après le retour du tout jeune roi d'Espagne, les petits Philippe Emmanuel et Marie prendront place aux côtés du portrait d'Elisabeth de France par Purbus (inv. P.46.1.48), appartenant jadis à leur cousine Dorothée de Croÿ.

V.H.

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[FIGURER L'ETENDUE : M-1]
« Celui qui au sommet de l'Etna promène à loisir ses yeux autour de lui, est principalement affecté par l'étendue et par la diversité du tableau. » 
(Edgar Poe, Euréka, 1848, traduction de Charles Baudelaire.)

Pascal Pesez est peintre. La diversité de ses propositions, passant par la performance, le dessin et la poésie, n’entraîne pas son œuvre dans une pratique de la peinture étendue ou de l’installation picturale. Son objet – son site, pourrait-on dire – demeure l’objet tableau, soit une toile peinte tendue sur un châssis.
Mais le tableau est à entendre ici au sens large, dans toutes ses potentialités de déploiement : un format unique et comme centripète ("Noyau", "Marges et trophée"), deux formats associés où se joue la problématique du passage de l’un à l’autre ("Artres summer", "Crossing"), polyptyques articulés qui parcellisent la vision ("Opening"), voire un texte, une voix, une présence...
Depuis les années 1990 jusqu’aux tableaux et dessins les plus récents, la présence du corps croise celle de son expansion paysagère. La densité quasi nucléaire des quartiers de viande des débuts a fait place à de vastes étendues parcourues de flux de couleurs comme en dissolution, où se fait jour la tentation du recouvrement et du monochrome. De motif, le corps est devenu mobile. La chair ne figure plus dans cette peinture en tant qu’image, mais l’énergie organique innerve l’ensemble des surfaces, le plus souvent organisées autour d’un axe horizontal, comme des paysages embués d’onctuosités grasses, tavelés de moires bleues ou rosacées, ponctués de gestes nerveux ou caressants.
Par l’effacement des frontières entre intériorité et extériorité, la peinture de Pascal Pesez réactive l’ambition romantique pour laquelle un jeu de correspondances intimes relie organiquement les affects et la perception, les humeurs et la climatologie, le corps et le paysage. Au-delà de ses enjeux formels, cette peinture manifeste et active ces correspondances dans l’expérience du regard. Elle nous informe sur nous même et notre relation au monde. Elle nous transforme.

Texte de Karim Ghaddab, critique d'art, membre de l'AICA (Association Internationale des Critiques d'Art).

 

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