[CENTENAIRE]

Au printemps 1917, le musée de Valenciennes se remplit de caisses d’œuvres d’art en provenance de collections privées et publiques évacuées de la zone de front (Voir notre post du 28 avril dernier concernant Cambrai). L'objectif affiché était de mettre ces oeuvres à l'abri, au rez-de-chaussée du musée, où les collections valenciennoises avaient également été descendues. Il n'était pas prévu, a priori, que les caisses soient ouvertes.
Pourtant, le 19 mai 1917, les autorités allemandes d'occupation reviennent sur cette décision. Elles annoncent à la ville leur intention de replacer dans les salles les œuvres évacuées en sous-sol et d'y adjoindre une sélection de celles provenant des villes de la zone de front.
La plupart des caisses d’œuvres d’art sont donc finalement ouvertes. Sur chaque œuvre issue des collections extérieures est apposée une étiquette, où figure son lieu d’origine. Les œuvres jugées les plus prestigieuses sont retenues en vue d'un accrochage dans les salles, qui varie en fonction des nouveaux « arrivages » !
En juillet 1917, les notes de Maurice Bauchond, témoin de ces mouvements d'oeuvres, nous apprennent que « l’on cinématographie les ouvriers au travail ». Hélas, il n’a jusqu'à présent jamais été possible de retrouver ce film, ô combien précieux pour l’histoire du musée. La section film des archives nationales allemandes interrogée à ce sujet, a répondu négativement quant à l’existence de ce document dans son fonds. Toutefois, subsistent quelques photographies de cet accrochage décidé par les autorités allemandes, où les collections de Valenciennes voisinent avec les plus beaux chefs-d'oeuvre des musées de la région.

Au cours de ce même été 1917, le peintre Maurice Rufin visita ce "nouveau" musée à l'accrochage "repensé". Abordé par un soldat allemand, se présentant comme peintre, qui lui faisait remarquer : « Monsieur, l’art n’a pas de patrie », Rufin aurait rétorqué : « C’est vrai, mais les artistes en ont une... »

M.G.

Légendes des photos : 
- Galerie du musée de Valenciennes pendant la Première Guerre mondiale (actuelle galerie XIXe siècle). Le panneau du fond ne comporte que des œuvres du Palais des Beaux-Arts de Lille.

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- Galerie du musée de Valenciennes pendant la Première Guerre mondiale (actuelle galerie Rubens). Les trois objets de cuivre exposés sous la « Descente de Croix » de Rubens sont extraits de la collection privée Delaporte, de Saint-Quentin. Ils appartiennent à présent au Musée de Saint-Quentin.

 

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