Restauratrice de peintures j’ai été missionné par les AMV pour restaurer les deux esquisses de E.-L. Foubert récemment achetées par leurs soins.

Ces deux esquisses sont des travaux préparatoires au grand tableau intitulé Le Châtiment de Caïphe exposé dans la salle XIXème du musée.

En examinant la plus grande des deux esquisses j’ai été intriguée par l’aspect de la couche picturale. Des dédoublements sont présents formant des lacunes. Dans ces lacunes est visible une sous-couche très opaque, foncée, satinée et fortement chargée en huile. Très éloignée d’une sous-couche poreuse visible la plupart du temps dans les lacunes. La couche picturale est très épaisse de façon uniforme sans présence d’empâtements pouvant expliquer cette épaisseur.

Suite à ces observations j’ai proposé de réaliser un examen radiographique.

Une radiographie du tableau, en choisissant librement les conditions de pose propices à l’obtention d’une bonne image (pas de problème de mouvement intempestif de sujet, ni d’irradiation comme chez l’être humain), permet de mettre en évidence la nature et l’état du support ; les modifications du format, les accidents, mais aussi les repeints ou les repentirs, ou les superpositions des tableaux.

Grâce à la radiographie, nous pouvons obtenir une image plus ou moins contrastée suivant l’absorption des matériaux. Nous aurons beaucoup de chance d’obtenir une image radiographique bien contrastée, facilement interprétable si la peinture contient du blanc de plomb.

J’ai réalisé la radiographie de l’esquisse à la Clinique du Parc à Saint Saulve sous la direction du radiologue Christophe Baudour. Sa supervision et son aide ont été précieuses pour régler la tension, l’intensité et le temps de l’exposition de l’œuvre durant l’examen.

Les doutes se sont avérés non sans fondements. Comme le montrent les photos, la radiographie est très parlante.

Dans le sens inverse de la composition actuelle, en vertical, est visible sur le cliché radiographique une tête de jeune homme. Elle est très bien discernable sous la représentation actuelle car les parties claires sont peintes avec du blanc de plomb.

Il y a donc bien une superposition de tableaux, une réutilisation d’une toile peinte antérieurement, par le peintre E.-L. Foubert.

En comparant les photos côte à côte nous avons Le Châtiment de Caïphe à l’horizontal, et en dessous le portrait d’un jeune homme en vertical. Si on regarde au revers de la toile, à la verticale, on discerne le contour de la tête d’homme. En revanche le cliché radiographique ne nous donne pas d’informations sur une signature ou sur une date cachée.

 

 Magdalena de Villepin

 

 

 

 

           

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photo avers Foubert

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radiographie Foubert

 

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photo revers Foubert

                                                                                                                      

 

 

 

 La Voix du Nord, 6 juin 2017, article de Jean-Paul PLICHON.

 

 

Lors d'une vente, les Amis du musée de Valenciennes ont acheté deux esquisses préparatoires au tableau: 'Le châtiment de Caïphe" exposé dans la salle XIXème du musée. Inspiré de" La Divine Comédie" de Dante , il a été peint par EmileLouis Foubert. Les Amis du Musée ont confié leurs restaurations à Magdalena de Villepin . En observant la plus grande, elle a été intrigué par l'aspect de la couche picturale très épaisse de façon uniforme sans présence d'empâtements pouvant expliquer cette épaisseur. Elle a proposé de faire un examen radiographique de l'esquisse sous la direction du radiologue Christophe Baudour. "Sa supervision et son aide ont été très précieuses et la radiographie s'est avérée très parlante. Dans le sens inverse de la composition actuelle horizontale représentant "Le Châtiment de Caïphe", sur le cliché est visible verticalement une tête d'homme. "Un autoportrait supposé de Foubert"?. Il y a donc bien une superposition de tableaux, une réutilisation d'une toile peinte par l'artiste, mais en revanche, il n'y a pas de signature ni de date cachée" explique la restauratrice.

Emile Louis Foubert est né en 1848 à Bayonne et décédé en 1911 à Paris. Il fut élève de Bonnat, de Busson et du paysagiste Lévy. Ses premiers sujets furent des portraits, des allégories religieuses et des compositions mythologiques.

Jean-Paul PLICHON

 

 

 [AMIS DU MUSEE]
Certains d'entre vous ont pu prendre connaissance ce matin dans la Voix du Nord d'une intéressante découverte réalisée par nos Amis du Musée de Valenciennes, relativement à deux études pour le "Châtiment de Caïphe" d'Emile Foubert, oeuvre conservée dans nos collections permanentes depuis les années 1970.
Emile Foubert est né à Bayonne en 1848. Il fut l'élève de Bonnat, puis de Charles Busson et du paysagiste Henri Léopold Lévy dont l'influence, pondérée par celles de Corot et de Millet, fut décisive sur sa manière. Les premiers sujets de Foubert sont principalement des portraits, des compositions mythologiques et des allégories religieuses tel notre "châtiment de Caïphe". 
On trouve plusieurs œuvres de Foubert en collections publiques. C'est le cas au musée de Bayeux (portraits de Corot et de Millet), ainsi qu'au musée de Compiègne ("Un bras de la Seine à Vétheuil").
Les deux études aquises par nos Amis du Musée furent réalisées préalablement à notre huile sur toile, peinte vers 1900 sur un sujet tiré de l’Enfer de Dante. 
On y voit Caïphe, grand-prêtre qui conseilla la mort du Christ, crucifié pour avoir affirmé qu'il valait "mieux que l'un meure pour tous plutôt que tous pour un". C’est cette scène de mise à mort qui est représentée sur la toile.
Dès après leur achat, les Amis du Musée ont pris l'attache de Magdalena de Villepin, restauratrice d'oeuvres d'art qui, intriguée par l’aspect de la couche picturale dans laquelle des lacunes laissaient apparaître une "sous-couche" fort épaisse, a préconié d'effectuer une radiographie de l'oeuvre, menée sous la direction du radiologue Christophe Baudour.
On a ainsi pu découvrir, sous l'oeuvre, une tête de jeune homme, bien discernable du fait de l'utilisation de blanc de plomb pour peindre les parties claires.
S'agit-il d'un autoportrait ? Pour le moment, il ne nous est pas possible d'identifier avec certitude ledit jeune homme sur l'image duquel Foubert aura choisi de figurer le "châtiment de Caïphe". Un voile a été levé, mais le mystère reste entier !

V.H.

 

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 Le Châtiment de Caïphe
Valenciennes, Musée des Beaux-Arts
P.79.5
FOUBERT Emile Louis (auteur ; peintre)
Huile sur toile
Hauteur avec cadre en cm : 62.5
Largeur avec cadre en cm : 72.0

 

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 Une des deux esquisses acquises par nos Amis du Musée de Valenciennes

 

 

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 Les résultats de la radiographie de l'esquisse.
(on entrevoit Caïphe à gauche, la tête en bas)

Pour comparaison, un autoportrait connu de l'artiste :
http://www.artnet.com/WebServices/images/ll00038lldDGqFFgjJECfDrCWQFHPKcGoG/emile-louis-foubert-autoportrait.jpg