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[EPISODE 3: DES OEUVRES MAL PRESENTEES]

Dans des espaces aussi contraints que ceux de l'hôtel de ville, la présentation des œuvres laisse à désirer… ce qui fera écrire au critique d’art Louis Gonse que Valenciennes détient avec Caen, Le Mans et Cherbourg, le record de la plus mauvaise installation : « Tant de merveilles dans le capharnaüm où elles sont empilées. C’est le triomphe de la confusion et de l’incohérence ; c’est le chaos : les cadres se chevauchent les uns les autres […]. Les groupes et les statues voisinent dans un inextricable pêle-mêle. Ce n’est plus un musée, c’est une boutique d’antiquaire… d’antiquaire, que dis-je ? de bric-à-brac… »

Ernest Laut relate à son tour la visite d’un artiste qu’il a accompagné : « Après avoir grimpé l’échelle de meunier, [...] lorsqu’il pénétra dans le musée et qu’il se trouva au milieu de l’innommable encombrement des tableaux et des sculptures, il eut un regard d’inquiétude et fit mine de reculer ». Le store qui obscurcit la salle du triptyque est coincé, impossible de voir le Rubens. Le visiteur a alors des mots très durs : « Si j’ai jamais quelque influence à la direction des beaux-arts, je vous promets de soigner particulièrement votre ville et d’exiger d’elle la restitution immédiate de tous les dépôts de l’État ». 

Légende : 
Lucien Jonas : Portrait d’Ernest Laut (détail). Collection du musée des Beaux-Arts de Valenciennes (photo Régis Decottignies)