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Les trois restauratrices de la "tapisserie du tournoi" ont expliqué leur travail.


Samedi 13 avril, Suzanne Bouret, Montaine Bongrand et Nathalie Schluck, les trois restauratrices de : "la Tapisserie du Tournoi" ont expliqué lors d'une conférence au musée de Valenciennes leurs interventions . Après le constat du très mauvais état de la tapisserie en 2016, elles ont répondu à l'appel d'offre en 2017. Elles ont constitué une équipe pour leur plus grande restauration jamais réalisée (presque 30m2). Ce très long chantier a duré 13 mois et nécessité 2200 heures de travail. "Il a fallu être très rigoureux et organisé pour tenir les délais. Avant d'entreprendre la restauration, il était nécessaire de comprendre les restaurations dans le passé, de prélever des fils derrière, d'analyser les colorants, d'ôter la doublure en lin pour rechercher les tons d'origine, enlever les auréoles d'eau, les sécher par micro aspiration et dépoussiérer les deux faces de la tapisserie" a expliqué Montaine Bongrand. Elles ont aussi suivi un stage à l'Institut National du Patrimoine. Vu les dimensions impressionnantes de l'œuvre, la restauration au point de Boulogne s'est faite minutieusement sur un métier spécifique dans l'atelier de Suzanne Bouret à Aubusson de 5 cm en 5 cm, une main dessus, une main dessous. Le but était de la stabiliser, de la consolider, de lui donner une cohésion structurelle et lisible pour la conserver afin qu'elle ne se dégrade pas davantage. Pour Suzanne Bouret, l'idée prédominante est la réversibilité. On peut enlever plus facilement : tout est identifiable. L'avers et le revers ont retrouvé ainsi des couleurs et des contrastes. Nathalie Schluck a commenté les finitions : "Le galon qui entourait la tapisserie a été remplacé par un tissu de lin de 2 cm tendu sur les quatre bords. L'accrochage est fait à la bande velcro. La tapisserie a ensuite été enroulée sur un rouleau en aluminium de 6 m et mise dans une caisse isotherme sur mesure pour effectuer son transport via Valenciennes avant de traverser l'Atlantique pour être exposée au MET de New-York". "Cela a été un grand plaisir pour nous de travailler sur la tapisserie. Vous avez à Valenciennes un trésor, un vrai chef d'œuvre. Faites la connaître" a conclu Montaine Bongrand. Les applaudissements nourris du public ont récompensé le remarquable travail des trois restauratrices passionnées par leur métier.

Jean-Paul PLICHON