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Rencontre-Discussion avec la critique d'art Fanny Drugeon à L'H du Siège

Samedi 8 février à 17 h, une rencontre-discussion intéressante s'est tenue à la galerie d'art contemporain L'H du Siège entre l'artiste en résidence Emilie Satre et la critique d'art et écrivain Fanny Drugeon.  Une première rencontre avait eu lieu précédemment dans l'atelier d'Emilie Satre à Montreuil. "Lors de cette rencontre, j'avais remarqué en premier l'abstraction, la musique, la spiritualité, le dessin pour un espace immersif, le rapport au lieu, au corps et l'intérêt pour l'iconographie gothique "explique Fanny Drugeon.  "Dans une résidence, mon regard se pose sur le rapport entre le très grand et le très petit mais aussi sur le rapport au lieu et au corps. J'ai découvert la grandeur des usines mais aussi les métiers à tisser à Roubaix. Le choix des matériaux est important. La fresque colossale de 2,50m x 10 m est constituée de pigments, d'encres et de poudres métalliques qui rouillent. Le rapport est physique. On a une impression de tension, de paysage barricadé par des piques comme dans la "Bataille de San Romano" de Paolo Uccello. L'ouverture blanche donne une idée de temporalité" indique Emilie Satre.

"Le second grand format impose des contraintes. Le corps a un rapport vis à vis de l'échelle des formats. Ils dépassent le corps de l'artiste et impliquent l'idée du temps comme dans la tradition textile. Il faut tresser, tisser le temps. Cela relève de la danse, de la transe, de la chorégraphie ou de la musique répétitive de Steeve Reich" commente la critique d'art."Le dessin demande de la concentration. J'ai travaillé les traits d'encre au pinceau au sol à l'aveugle en déroulant le rouleau de papier au fur et à mesure de son exécution.  Les couleurs et les lignes dialoguent avec l'espace, se diluent, se superposent, donnent une impression d'immersion, de tension, de vibration optique" indique Emilie Satre. Le corps est près de la performance et du rituel.

Dans ses œuvres plus petites sur bois ou sur carton recouvertes de gouache ou de craie à la cire, elle gratte, ponce, creuse à la manière des graveurs, laissant apparaître les lignes et les couleurs cachées. La rencontre s'est terminée en répondant aux questions posées par le public.

Jean-Paul PLICHON