Paul THEUNISSEN
[ANNIVERSAIRE]
Il y a 86 ans décédait Paul Theunissen.
« Celui qui fut mon grand ami d’enfance, le compagnon fidèle de mon adolescence, le guide obligeant de mes premiers essais dans le dessin ». Ainsi le peintre Lucien Jonas évoque t’il Theunissen le jour même de sa mort. Tous deux étaient nés à Anzin, Theunissen en 1873, et Jonas sept ans plus tard.
Paul Theunissen suit les cours de Pétiaux, puis de Maugendre aux académies de Valenciennes. Il rejoint ensuite son frère ainé Corneille à Paris, et suit l’enseignement de Cavelier et de Barrias : il ne sera jamais pâtissier, métier auquel ses parents le destinaient, mais sculpteur, comme son frère avec lequel il collaborera beaucoup.
Il expose dès 1894 au Salon des Artistes français. En 1901, il profite d’une bourse de voyage pour visiter l’Italie, le sud de l’Allemagne, la Belgique, la Hollande, et Londres. La même année, il reçoit une médaille pour le groupe « Caïn jaloux », dont la figure féminine d’Eve immortalise les traits de Cécile Tétrel, future madame Paul Theunissen. Acquis par l’Etat, puis mis en dépôt à Valenciennes, le marbre orne le jardin de la Rhonelle où son installation fait polémique du fait de la nudité d’Eve. De plus, Theunissen lui-même est opposé à l’installation en extérieur de son groupe, mais, après avoir réclamé son déplacement à trois reprises auprès de la ville, il finit par renoncer.
Il sera aussi récompensé, en 1909 et 1910, pour son groupe « Idylle au pays noir », que l’on peut entrevoir à Anzin, récemment relégué au rang de pivot à voitures, au centre du rond-point René Cassin.
Durant la grande guerre, Theunissen est affecté au 55ème territorial d’infanterie, puis au 1er groupe d’aviation, mais ne fera pas la guerre jusqu’à son terme : Hospitalisé à Dijon en octobre 1917, il est réformé pour cause de diabète.
Membre, puis président de l’Union Valenciennoise à Paris, il montre son attachement à ses racines nordistes, pourtant peu profondes, ses parents étant belges.
Il sera décoré à plusieurs reprises : officier d’académie en 1906, puis de l’instruction publique en 1911, et chevalier de la légion d’honneur en 1926. A cette occasion, c’est le directeur des mines de Béthune, Louis Mercier, qui est choisi pour sa remise de décoration : comme Theunissen, il est domicilié à Paris, mais surtout, il est aussi natif d’Anzin.
Theunissen meurt chez lui, 7, rue Bargue, dans le 15ème arrondissement de Paris, et est inhumé à Chatenay-Malabry.
V.H.


