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Amis du Musée de Valenciennes
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21 août 2017

De l'Hôtel des haricots au tribunal

L’image contient peut-être : plein air

 

[EPISODE 16 : DE L'HOTEL DES HARICOTS AU TRIBUNAL]

Une commission rogatoire est adressée au Procureur à Carcassonne : on veut connaître la conduite, la probité et les antécédents de l’accusé ; on veut entendre les gens qui ont pu avoir le billet entre les mains. Alquier est entendu le 29 mars par Gobert, magistrat instructeur. Il est défendu par Maître Thellier de Poncheville. Alquier ne peut que persister dans sa défense. La presse ironise : « Il paraît abruti par l’aventure qui lui est arrivée et qui n’est peut-être qu’une mauvaise farce d’un de ses concitoyens. Il pourra se vanter, lui du Midi, d’avoir été hébergé à l’œil dans la ville des arts. »

Le procès est prévu pour le mercredi 19 avril. Selon L’Impartial du Nord, « Petchili » aurait été « victime d’une féroce galéjade de ses concitoyens ou de sa monumentale bêtise ». Le journal ajoute, la veille du procès : « Les dires du Carcassonnais auraient été reconnus exacts et sa mise en liberté ne serait plus qu’une question d’heures ». Au procès, le talon du mandat par lequel Alquier a acheté son billet est produit, une déclaration de l’Agence Raynaud confirme qu’il n’a pas été conservé de copie de la lettre d’envoi. Par ailleurs le maire cite Rocher, l’avocat, qui aurait entendu par téléphone le receveur des postes dire à une autre personne : « On finira par lui faire croire ». Alquier, pour sa part affirme n’avoir jamais quitté son billet et persiste à clamer son innocence.

Thellier de Poncheville prend sa défense : quand Alquier a connu la contestation, il a contacté Reynaud, ce qui aurait du le confondre s’il avait été coupable, et si l’agence avait gardé copie de la lettre ; par ailleurs, quelqu’un a pu prendre le billet durant la journée du 16 alors qu’il était aux champs. Il ajoute que pour la réalisation des faux chiffres, il faut un composeur et du matériel d’imprimerie, ce qui aurait été matériellement impossible pour Alquier. Enfin, il rapporte que son client était inquiet du chiffre « 0 » qui précédait le numéro de son billet et qui n’était pas repris dans la liste publiée dans la presse : coupable, il aurait du maquiller aussi ce chiffre ! Rien n’y fait, et bien que Devillers ait demandé l’indulgence, « c’est avec une stupéfaction profonde qui va jusqu’à l’ahurissement qu’on entend condamner Alquier à cinq ans de prison et 50 francs d’amende. »

M.G.

 

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