LE SOIR, CONSOLANT, par Françoise ALBERGE
LE SOIR, CONSOLANT
Le soir serre la journée dans ses bras
À lui faire oublier les matins ingrats
Pose les mains sur ses épaules d’inquiétudes
La laisse dérouler ses pelotes d’habitudes
Écoute sa complainte du temps perdu
Et des fades instants mis au rebut
Capture cette seconde où l’on attrape l’essentiel
Estampe la minute où tout semble irréel
Lui ôte un à un ses oripeaux de mère fatiguée
La baigne dans une onde de lumière tamisée
Débarrasse sa peau du noir gravier d’âpreté
Fredonne trois notes rondes de légèreté
Lui offre une nourriture d’abondance
Comblant son parcours d’endurance
Le soir, père de famille nombreuse
Berce ses douze petites heures joyeuses
Convoque des lendemains plus faciles
Pour ses adorées, veillées au bord des cils
Devant un soleil au coucher inouï
Le soir lit le poème de la nuit
Françoise Alberge, 18 juillet 2021
