Charmant coquelicot, par Françoise ALBERGE
CHARMANT COQUELICOT
Ce matin, j’ai croisé un petit coquelicot
Tout seul, tout frêle, tout fier, tout beau
Epanoui dans sa calme félicité
Lucide dans sa fugace liberté
Affolant dans sa splendeur
Trompeur dans son ardeur
Il portait son habit de bohème
Debout, déclamait un poème
Parlant de l’ardente coccinelle
Et de son fol amour pour elle
Venue un soir l’inviter à danser
Puis repartie vers ses canopées
Il imitait le chant clair du pinson
Psalmodiant une douce oraison
Racontait la visite quotidienne
D’une curieuse grive musicienne
S’ennuyait de l’exquise rosée
Perle fugitive venue se poser
Une lueur noire au fond de ses yeux
Laissait deviner cet aveu silencieux
Que la vie passe, brève, cruelle
Comme deux battements d’ailes
Que demain il ne serait plus
Mais qu’il aurait tout vécu.
Françoise Alberge, 4 juin 2021
