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Amis du Musée de Valenciennes
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30 novembre 2021

L'automne, par Charles-Henri MASSON

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Septembre ? C'est le mois de Mai de l'automne... disaient les anciens...

 

Il fait beau, il fait doux, les arbres ne frissonnent pas, ne tremblent pas, ils tiennent à garder leur feuillage jusqu'à l'arrivée de l'hiver...

 

 

Mais l’hiver est un gredin malin.

 

Il attend son heure cachée aux tréfonds de l’horizon.

 

Pour l'instant, ce garnement laisse la place à l'artiste qui le précède dans la ronde des saisons.

 

Pour nous vendre l'hiver, la jeune rousse commence par se faire séduisante...

 

L'Automne puisqu'il faut l'appeler par son nom est une artiste de haute volée ; pour nous faire gober la venue prochaine de la froide saison, elle transforme la campagne en un sublime décor de théâtre.

 

Elle enflamme la forêt, de braise, de flamme, d’incendie.

 

C’est très réussi.

 

Jamais le spectacle n’aura été aussi joli….

 

A preuve nous-même, randonneurs de Wargnies et autres pays en demeurons ébahis.

 

Pour fignoler sa mission, la saison d'entre chaleur et froideur peaufine la magnificence de l’ouvrage.

 

Elle réveille les senteurs de l’humus, allège la masse sombre des bois en déshabillant les arbres de leur feuillage d’été ; une ribambelle de feuilles dorées, rouges sang, mordorées tournicotent, volettent, virevoltent avant de courir en tous sens sur le sol comme des petits écoliers, en tablier à carreau, à la récré ...

 

Attendez la suite…

 

Un frais matin de décembre, l’herbe de la prairie se réveille transie, crispée sous l’étreinte d’une dentelle de gelée blanche.

 

Le signal est donné ; l’hiver sort de son antre et frappe un grand coup.
 

Sur ordre, le vent du Nord souffle sa froidure, déplume les arbres retardataires, fige marais, ruisseaux et étangs sous sa griffe de glace ; les fleurs encore en splendeur il y a peu, se fripent, se fanent, se meurent ; les lapins s’enterrent, les oiseaux migrateurs fuient, quelques corbeaux, becs au vent, triangle noir sur terre gelée, se figent en sentinelles du désespoir.

Stoïque, le pied dans son chausson de neige, un chêne rouvre, habité d’une pie égarée, courbe la cime comme pour implorer pitié.

Danse macabre de la forêt dérangée, bousculée, glacée.

L’hiver a frappé...

 

Il est très satisfait.

Le temps est suspendu, les oiseaux se sont tus, le froid a envahi la campagne et le silence étreint la forêt.

 

Qui peut croire en ces jours misérables en une remontée de sève porteuse de vie et d’allégresse ?

 

Que peut-on encore espérer de cette morne désespérance ?
 

 

Une bergeronnette étonnée quitte prestement sa noire branche et traverse le sentier d’un joli vol alterné.

 

Le randonneur est surpris ; il s’arrête, rajuste son sac à dos.

 

Il sourit…

 

Dans le ciel, il a rencontré la vie…

 

 

Charles-Henri

 

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