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[ANNIVERSAIRE]

La mort d’Elie Raset
Né d’un couple modeste en 1874 à Valenciennes, Elie Raset est décédé le 11 juillet 1955 à Valenciennes où il était revenu après la guerre.
Ses dernières années n’ont guère été heureuses. En retraite de son poste de professeur de sculpture aux académies de la ville, il avait quitté Valenciennes pour la Bretagne, mais regrettait sa ville natale. Pendant la guerre, il apprend en 1943 que son « Joueur de billes » du jardin de la Rhonelle avait été emmené par les allemands. 
En 1946, le ministère de l’Instruction publique informe le maire que faute de crédits suffisants, il n’a pas encore été possible de réaliser le vœu des municipalités souhaitant le remplacement des œuvres volées par l’occupant. Robert Rey, directeur des arts plastiques, précise : Je préférerais éventuellement commander à M. Razet (sic), auteur du « joueur de billes » une œuvre originale, notre rôle n’étant pas de payer des répliques, mais de favoriser des « création s». Il n’en sera rien, et aucune commande ne sera passée à Raset : une réplique sera mise en place, celle que l’on peut voir de nos jours.
Raset a du mal à survivre avec sa retraite : le 19 octobre 1943, il écrit au maire Adolphe Lefrancq, depuis Noyal-sur-Vilaine : "Je voudrais aller à Valenciennes mais la vie me parait si difficile, et j’avais l’intention d’aller vous demander un emploi ou quelques travaux. La vie est tellement chère que ma petite retraite de 1100 par mois ne peu (sic) suffire pour moi et ma femme. Il sera peut-être possible d’ici quelque temps de retrouver un état normal de la vie". 
Le maire lui répond dès la semaine suivante, lui laissant entrevoir la possibilité de commandes à l’occasion de la reconstruction de la ville : "J’ai fait en sorte que tous les sculpteurs aient beaucoup de travail dès qu’on reconstruira Valenciennes. Sur la Place d’Armes il y aura 35 pignons tous terminés par une statue dorée. […] Vous avez certainement laissé beaucoup d’amis à Valenciennes. Vous pourriez commencer à entrer en rapport avec quelques-uns d’entre eux pour la décoration de leur façade et commencer à chercher des maquettes." 
Il est à espérer que Raset n’a pas entamé ces démarches, car rien ne se concrétisera: du projet de l’architecte Laprade, ne sera conservé finalement par son successeur Vergnaud, en 1952, que le plan masse de la ville, de plus, le maire de Valenciennes n’est plus Adolphe Lefrancq : l’ilot Jeanne de Flandre sort de terre, sans pignon ni sculpture.
Raset parviendra malgré tout à ajouter à sa maigre retraite un modeste traitement de conservateur du musée d’histoire naturelle, et à obtenir de la ville, à 76 ans, la commande –charitable- d’une sculpture pour la façade du musée : La Sculpture. Il finira ses jours tristement, habitant dans le local qui avait été auparavant son atelier, rue Malplaquet, après avoir été veuf durant quatre longues années.

M.G.