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[NOUVELLE ACQUISITION]
D’origine modeste, Élie Raset entre, grâce à une pension municipale, à l’École des beaux-arts de Paris en 1891. Devenu en 1903 professeur de sculpture à Valenciennes, il présente dès 1904 son "Joueur de billes". Après la guerre, Raset n’expose plus, mais réalise à Valenciennes le monument aux morts du boulevard Carpeaux, celui dédié aux anciens élèves des académies, et celui de Mirland au cimetière Saint-Roch. Pendant Dans les années 30, le sculpteur reçoit enfin la commande d’une sculpture, intitulée La Sculpture, pour la façade du musée. 
L’œuvre achetée par les Amis du Musée de Valenciennes est une plaque de bronze datant de 1907. Elle fut produite en souvenir de l'exposition « internationale » d'horticulture d'Anzin des 11-15 août 1907, et représente une femme assise, à moitié nue et tenant une gerbe de fleur. 
Historiquement, cette œuvre confirme l’importance de l’horticulture à Valenciennes, comme l’atteste l’existence depuis 1876 d’une « Société d'Horticulture de l'Arrondissement de Valenciennes ». 
L’œuvre d’Elie Raset nous interroge, celui-ci n’étant pas coutumier dans l’exercice des médailles ou plaques commémoratives. Durant la même époque, la spécialité aurait plutôt tendance à échoir à Pierre Victor Dautel, à qui l’on doit des œuvres comparables. Pourtant, Raset a su utiliser sa technique de statuaire pour donner à sa figure une force et une présence singulière.
Les motifs floraux, en particulier à l’arrière-plan, montrent une influence indéniable de l’art nouveau. Associée à la femme nue, et à la technique du bronze appréciée par ce courant, cette œuvre permet d’illustrer la manière dont les artistes valenciennois, et dans le cas d’Elie Raset, un professeur des Académies Valenciennoises, accueillent ce nouveau courant au début du XXe siècle.
Vincent HADOT